Les nouveaux portails locaux

Longtemps, les portails locaux ont consisté en des annuaires de sites locaux, classés par genres. En s’étoffant, les thématiques sont souvent devenues trop étendues (et donc trop complexes) et un peu obsolètes (car ils indexaient des sites qui n’évoluaient pas et dont l’information devenait peu à peu obsolète). Le terme même de portail a perdu de sa superbe, jusqu’à paraître particulièrement ringard.

Puis sont arrivés les blogs et le RSS. Timidement, de nouveaux portails ont vu le jour. Des agrégateurs de sites, qui récupèrent les flux RSS des blogs produits localement et les agrègent (en texte intégral ou en résumé) sur une page d’accueil pour les rendre accessibles à d’autres. Plutôt que de devoir surfer sur plusieurs dizaines de blogs locaux, il suffit d’accéder à une page pour lire toute l’actualité locale produite. Pour ceux qui ne disposent pas d’agrégateurs personnels, les utilisateurs débutants ou les internautes occasionnels, cette formule s’avère pratique, plus simple et plus accessible.
Aux Etats-Unis, il existe même des réseaux de blogs hyperlocaux, comme ceux syndiqués par Metroblogging sur les plus grandes villes du monde (dont un sur Paris) ou le réseau Gothamist à qui l’on devait le regretté Parisist. Sans compter les nombreuses initiatives individuelles (comme les blogs de la Caroline du Nord) et les cartographies de blogs (New York, Paris…) qui en sont une autre déclinaison…

Ces pages d’accueils dynamiques autour d’une thématique ont tendance à s’appeler des « Planet » (grâce ou à cause du logiciel PlanetPlanet, comme par exemple Planet Libre, un site agrégateur de flux sur Linux et les logiciels libres ; Planet Google …). En France, on parle plutôt de « Salades », nom donné par Stéphane Gigandet, concepteur de la plateforme de blogs Viabloga, à la fonctionnalité ajoutée à Viabloga en 2005 permettant de créer une page agrégeant les contenus de blogs de son choix.

Il existe depuis plusieurs salades à orientation locale (la salade romanaise, la salade peyrinoise, celle des blogs tourrangeaux, celle des blogs de l’Ile de la Réunion,… et bientôt la salade dauphinoise initiée par Chrys de Greblog – qui ne reposera pas sur Viabloga). Sans compter les premières Planet, comme Planet Mon Saint-Egrève (38).
Des initiatives certes timides, mais qui donnent à lire la nouvelle orientation que prennent les portails locaux : plus dynamiques, plus réactifs et collant plus à l’activité de la communauté électronique. L’actualité ne repose plus sur ce que produit un site, mais ce que produisent l’ensembles des sites localement.

Dans un modèle assez proche, @Brest vient de lancer Clic@Brest, nous informe Michel Briand, une page d’accueil qui permet, en quelques clics, de se tenir au courant de tout ce qui est publié sur le web local (cette initiative bénéficie d’une solution logicielle hébergée, basée sur un logiciel développé par l’espace multimédia du Fourneau). Un modèle proche de la page d’accueil personnalisable que proposent iGoogle ou Netvibes.

C’est d’ailleurs Netvibes qui pourrait pousser un pas plus loin l’évolution des portails locaux. Pour l’instant seulement ouvert à des partenaires, les Univers, – qui permettent de créer une page d’accueil personnalisable, agrégeant les contenus de son choix et de la partager avec d’autres utilisateurs, qui peuvent eux-mêmes la personnaliser à leur tour -, permettront à tout un chacun de créer et partager sa page de flux agrégés. Via ce système, la Ville de Brest vient de lancer le premier univers local. Soyons certain que quand la fonctionnalité sera ouverte à tous, elle sera vite rejoint par de nombreuses autres.

About Bertrand Soulier

J'ai créé le site d'informations locales Cyberbougnat.net en 2000-2001. Depuis, je ne cesser d'observer le web local, de recherche les bonnes idées, les modèles économiques... J'ai décidé de partager cette veille au sein de ce blog weblocal.fr mais pas seulement. L'union faisant la force, j'ai aussi souhaité faire évoluer le blog vers un réseau social destiné aux acteurs du web local.

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6 Responses to Les nouveaux portails locaux

  1. Hubert Guillaud 25/10/2007 at 11:08 #

    L’univers Netvibes de Greblog : http://www.netvibes.com/grandgrenoble

  2. Hubert Guillaud 30/10/2007 at 16:35 #

    L’univers de Saint-Quentin en Yvelines : http://www.netvibes.com/sqy

Trackbacks/Pingbacks

  1. LeRomanais - 16/10/2007

    L’univers Netvibes de Romans-sur-Isère…

    L’Association des internautes romano-péageois est heureuse de vous présenter l’univers Netvibes de Romans-sur-Isère. Cet univers est un agrégateur personnel et personnalisable qui recense toute l’information disponible sur l&#82…

  2. InternetActu.net - 05/12/2007

    Révéler l’hyperlocal…

    On peut, à la suite d’Alex Iskold croire en l’essor de l’information hyperlocale, parce qu’elle devrait rencontrer à la fois l’intérêt des gens et les désirs des publicitaires. Mais ce sont là, surtout pour le premie…

  3. Révéler l’hyperlocal - Kazhar - 05/12/2007

    [...] Pour croire en l’essor de l’information hyperlocale, il faudrait déjà connaître le territoire numérique local. Or, il faut bien le reconnaître, on ne sait rien des pratiques numériques qui ont cours sur nos territoires. On ne les regarde pas. Et si on ne les regarde pas, c’est soit parce qu’elles n’ont pas d’intérêt, soit qu’on n’imagine pas qu’elles puissent être exploitées – ou qu’on ne sait pas encore comment. Qui recense les blogs qui existent localement ? Qui recense et observe les Skyblogs des ados qui s’expriment sur une ville ? Qui recense la grande diversité des sites locaux pour créer des applications locales comme un moteur de recherche local par exemple ? Qui va construire les nouveaux portails locaux – regardez celui de GrandGrenoble monté par l’animateur de Greblog ? Que sait-on des usages professionnels numériques locaux ? Si on sait identifier les entreprises qui travaillent localement avec un matériau numérique (agence web…), comment repère-t-on les sites professionnels qui ne sont pas liés à un acteur local identifié : comme un site dédié à une communauté particulière très active en ligne dont l’animateur serait un acteur local ? Y a-t-il des habitants de ma ville qui proposent leurs appartements ou un couchage sur hospitalityclub, e-cologis ou CouchSurfing par exemple ? Quelles sont les communautés électroniques actives sur mon territoire ? Que sait-on de qui fréquente, localement, tel ou tel réseau social ? Qui y trouve-t-on ? Quels usages localement sont-ils fait de Meetic, de eBay, de Facebook ou de Viadeo – qui semble générer des usages d’échanges auprès des cadres et des patrons de PME françaises notamment ? Quels usages fait-on du P2P localement – existe-t-il des modalités d’échanges locales, comme il en existe dans des tribus d’amis ? Quels usages fait-on de la messagerie instantanée ? Combien de personnes, localement, déclarent utiliser Skype par exemple, puisque Skype permet d’interroger ses utilisateurs selon les localités qu’ils ont déclarés dans leur profil ? Est-ce que cet usage progresse ? Et comment interroge-t-on notre ville sur les réseaux ? Les requêtes locales sont-elles chaudes ? Où précisément ? Quand les gens utilisent Mappy ou Google Maps pour avoir une information sur notre territoire, qu’est-ce qu’ils recherchent ? Quelle partie de notre territoire suscite-t-elle le plus de requêtes ? Pourquoi n’existe-t-il pas de cartographie des sites locaux, comme le montrait le remarquable travail de Marina Dufeal sur l’internet marqueur de territoire (.pdf) (voir également ici) ? Quel site, originaire de mon territoire, reçoit le plus de fréquentation ? Quelle cartographie donnerait mon territoire physique si on le regardait via l’activité des sites internet qui le composent ?… [...]

  4. Univers Netvibes « les bibliothèques ont-elles besoin du web 2.0 ? - 04/02/2008

    [...] Voir aussi : http://www.netvibes.com/blog-territorial ou plus largement : http://www.weblocal.fr/2007/09/12/les-nouveaux-portails-locaux [...]

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