Grenews : initiative à suivre du côté de Grenoble

GrenewsJe ne sais pas depuis combien de temps le site existe, mais il me semble être une initiative sympathique dans l’approche de l’info locale par la presse quotidienne régionale. Grenews a été lancé par le Dauphiné Libéré et a été vraiment réfléchi comme un média en ligne plus que l’adaptation au web du papier.

D’ailleurs Grenews est vraiment multimédia au sens où il mêle des articles textes, des photos, du son pour les groupes locaux, de la vidéo, mais surtout un jounal hebdomadaire en PDF et un journal vidéo de 5 minutes. Le site est aussi bien plus localisé au niveau de l’actu où contrairement au site du journal on ne retrouve pas d’actu nationale. Je ne sais pas combien de personnes travaillent sur le site mais tout ça doit demander une petite équipe dédiée.

C’est une initiative à surveiller car elle vient d’un acteur de la PQR qui tente visiblement de toucher un autre public, plus jeune. Si le look du site est très différent, il faut aussi remarquer que la marque Dauphiné Libéré est très peu présente. Il y a d’ailleurs dans la presse un débat à ce sujet : les marques de presse doivent elles décliner leur marque sur de nouveaux supports ou créer de nouvelles marques spécialement pour ces supports commme l’avait fait Le Monde avec Le Post dans un autre domaine. Grenews va dans ce sens et on risque  de voir d’autres initiatives dans le même sens car  la marque papier n’a sans aucun doute pas la même valeur pour des jeunes qui achètent assez peu de journaux d’information.

Le site a été réalisé avec Mignon Media mais curieusement je n’avais pas vu d’annonce sur leur blog.

About Bertrand Soulier

J'ai créé le site d'informations locales Cyberbougnat.net en 2000-2001. Depuis, je ne cesser d'observer le web local, de recherche les bonnes idées, les modèles économiques... J'ai décidé de partager cette veille au sein de ce blog weblocal.fr mais pas seulement. L'union faisant la force, j'ai aussi souhaité faire évoluer le blog vers un réseau social destiné aux acteurs du web local.

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10 Responses to Grenews : initiative à suivre du côté de Grenoble

  1. Proxiti 19/05/2008 at 16:20 #

    Tout le monde s’accorde à dire que la PQR, ou même la récente PHR a de formidables atouts à jouer et faire valoir sur internet.

    Par contre, si elle ne trouve pas le bon modèle, elle va vite déchanter :
    - Les marges ne sont pas les mêmes : il leur sera très difficile de monétiser leur contenu. Les petites annonces qui généraient une part importante de revenus ne sont plus efficaces : tout le monde va chercher sur internet.
    - La concurrence est plus vive : quelques blog bien faits et bien connus peuvent attirer autant de visites que leurs sites. (impossible lorsque le papier dominait)

    Les ventes papier vont certainement s’écrouler dans les prochaines années.
    Déjà leur lectorat vieillit fortement.
    Quel jeune moderne achète encore de la PQR ?

    Leur présence papier est leur force, mais aussi un handicap important.
    Comment peuvent-ils offrir du contenu sur le net, et le faire payer dans le même temps en version papier sans risquer l’effondrement des ventes ?

    De nouveaux acteurs « pure players » peuvent-ils occuper le créneau ?

  2. Pierre 19/05/2008 at 17:29 #

    Je suis bien d’accord avec toi Proxiti.

    Je salue cependant l’idée de grenews.com. Maville.com essaye tant bien que mal depuis quelques années mais pas grand chose a se mettre sous la dent…

    Lorsque tu dis : « La concurrence est plus vive : quelques blog bien faits et bien connus peuvent attirer autant de visites que leurs sites. (impossible lorsque le papier dominait) », a qui penses-tu ?

  3. Proxiti 20/05/2008 at 23:56 #

    En fait de blogs, je voulais plutôt parler de petits sites éditoriaux (blogs améliorés) faits par des locaux qui ont une plus forte fréquentation (en additionnant leurs visiteurs) que la présence web de titres PQR.

    Lorsque le papier dominait, personne ne pouvait prétendre à une telle diffusion de ses idées et autres informations sans coûts d’impression et de distribution hors de portée du commun des mortels.

    C’était l’époque bénie pour les notables locaux où ce qui était dans le journal était la vérité absolue. Celle où les familles à la tête de ces journaux étaient des nababs locaux qui pouvaient faire et défaire des réputations.

    Heureusement, le web et la circulation de la diversité d’idées qu’il offre est en train d’éclairer peu à peu les masses.

  4. Pierre 21/05/2008 at 11:31 #

    Ne serait-il pas intéressant d’unir justement ces sites locaux pour davantage de poids ! Sans toutefois perdre leur indépendances.

    Ces sites souffrent parfois de manque de moyens ( matériels, hebergement ) et de temps pour la démarche d’annonceurs.

    Il est encore temps, avant de se faire manger par des plus gros!
    Je m’etonne encore que les grands groupes de médias ne s’y intéressent pas encore !

  5. Proxiti 22/05/2008 at 00:52 #

    Bien sûr que c’est la solution.

    Un réseau de blogueurs marqués du sceau de l’indépendance par rapport aux médias classiques : cela peut même supplanter les médias existants, en devenant LA référence, car plus légitimes et non soumis à des pressions politiques ou financières.
    C’est le même phénomène que pour wikipédia qui sera bientôt LA référence encyclopédique, et relègue les autres au rang de second couteau.

    Le challenge réside dans la fédération de ces blogueurs locaux en leur procurant une architecture d’accueil commune, mutualisée, et surtout facilement identifiable par les internautes, pour les rendre plus visibles sur leur zone locale. Et tout cela autour d’un ensemble de valeurs communes.
    Une régie publicitaire chapeautant le tout pour le financement de la structure et la répartition équitable des plus values.

    C’est un peu ce principe que commence à appliquer Marchex aux USA, en garnissant son impressionnant réseau de sites locaux avec du vrai contenu géo-localisé.

    Imaginez les ravages que cela peut causer à la PQR, et autres acteurs classiques de l’information de proximité.

    Pour reprendre l’analogie : combien d’internautes vont aujourd’hui acheter une encyclopédie papier ?
    Qui va encore chercher une adresse dans les pages jaunes papier ?

    Je monte actuellement un projet très sérieux dont cette composante fait partie.
    N’hésitez pas à me contacter pour en parler plus en détail.

  6. MaGa 25/05/2008 at 00:41 #

    Un réseau de blogs proposant de l’info microlocale régroupé au sein d’une même structure. Eventuellement financée par une régie publicitaire.

    Pour être journaliste dans un gratuit, je suis assez bien placé pour savoir qu’en faisant ça vous refaites les mêmes erreurs que la PQR. C’est créer cette dépendance à la publicité. Même si on départ vous vous dites « c’est bon, c’est cadré, ça reste petit, on contrôle ». Difficile après de se passer du confort du revenu régulier. Et avant qu’on s’en aperçoive, on est juste libre – au mieux – de ne pas faire de papier sur le mécène.

    Pression publicitaire et pression politique sont, au demeurant, souvent liées. Quand il n’y a pas identité parfaite (le conseil général, la mairie ou la communauté de communes prennent de la pub. Gros budget)…ce qui est très très fréquent.

    Ca c’est une inquiétude côté annonceur.

    Côté rédacteur, il y a quand même une différence entre un blogueur et un journaliste. Même si en microlocale, ça se voit pas toujours,le journaliste a quand même quelques réflexes de traitement que le blogueur n’aura pas (repérage de l’info, puis sa vérification, sa présentation, son équilibre).
    Ca demande une culture du terrain, du réseau, du temps de travail, de l’expérience de SR. Bref, beaucoup de choses que le blogueur n’a pas forcément.

    Je me dis que le blogueur a bien plus de liberté en faisant ce qu’il fait déjà : des éclairages, des expériences, du partage, des découvertes, des liens vers d’autres choses, des coups de gueule. Tout ce qu’une tribune libre non soumise aux formats de la presse peut faire, finalement.

    La presse papier payante est probablement morte. Vous avez sûrement raison la-dessus. Déjà, les titres sont regroupés en grands groupes, et réfléchissent au coeur des groupes aux mutualisations possibles. La prochaine étape ? Les groupes de groupe ?

    Le gratuit a un peu plus d’avenir. S’il arrive à tracer des frontières légales entre annonceurs et journalistes. Ou : séparer rédaction en chef et direction. Recréer des sociétés de journalistes au coeur des journaux ?

    Et le débat le plus passionnant est sûrement celui du développement sur le web. A noter que le journalisme qui utilise les fonctionnalités du web 2.0 impose un traitement aiguisé de l’info. L’ouverture des commentaires sur les articles, par exemple, propose pour la première fois une confrontation directe entre journalistes et lecteurs/internautes. Cette intéractivité demande une exigence particulière et une remise en question permanente.

    Ca demande un effort incroyable de présentation de l’info pour capter l’intention de l’internaute, qui sur le web est nomade et aime les plateformes. . Remarquez 20 minutes : des articles formels, neutres et un ton classique sur le papier. De l’autre côté, des photos et des titres accrocheurs, parfois jusqu’à être un peu raccoleur, sur le web.

    Pour l’instant, la PQR peut s’appuyer sur le papier (qu’elle maîtrise) pour financer du web. C’est juste une phase de transition. Si elle arrive à développer un modèle de financement fiable pour le web, peut-être que cela assurera la survie du papier demain.

    A bientôt

  7. Proxiti 26/05/2008 at 22:32 #

    Permettez moi quelques réflexions complémentaires à votre commentaire :

    1- GRATUITé
    Je vous rejoins sur le fait que le gratuit est l’AVENIR de l’information (pour le plus grand nombre).

    La seule valeur ajoutée que quelques uns seront encore prêts à payer demain, se fera sur la présélection de certaines informations spécifiques ou le packaging qui va avec.

    2- PUBLICITE ET INDEPENDANCE
    Avec Internet, on peut aujourd’hui utiliser les forces de la proximité sans être soumis aux frais de structure importants de la PQR (papier + impression = 40% des coûts d’une édition).

    Ce faisant, vous réduisez votre dépendance à la publicité. Vous pouvez aussi vous passer des annonceurs publics pour garantir votre indépendance, et même le clamer haut et fort.

    De la publicité, il en faut pour assurer le service d’information et de mutualisation ; ensuite, il y a un équilibre à trouver et une juste répartition de cette « manne ».

    Personnellement, je ne considère pas la publicité comme « un mal nécessaire », mais comme une source d’information supplémentaire. De plus, la plupart des gens aiment la publicité bien faite.

    3- PQR et WEB
    La PQR ne va pas vers le web de bon coeur : elle y est obligée.
    Même ses lecteurs les plus fidèles le lui réclame (du moins ceux qui ont moins de 65 ans).

    Les journalistes veulent y aller, mais les directions freinent des quatre fers.
    Je ne parle pas des vieux routards qui trônent dans les rédactions, mais surtout des jeunes qui veulent faire du web car ils savent qu’il n’y a pas d’alternative possible.

    Aujourd’hui, le papier finance avec difficulté le web.
    Mais demain, le web pourra t’il financer le papier ?

    C’est un virage extrêmement délicat à négocier pour la PQR qui a pourtant quelques atouts à jouer.

    4- PRO-AM
    Il est vrai que le modèle « pro-am » a le vent en poupe.
    Avec son développement, les journalistes de demain vont passer de récolteurs à « filtreurs » de l’information : ils peuvent beaucoup y gagner.

    Pour autant, les internautes qui viennent de gouter à une nouvelle forme d’information libérée, vont t’ils encore accepter qu’à nouveau ces même filtres leur soit encore imposés ?

    Pour ma part, je vois plutôt l’avènement du « (PRO-AM)-AM ».

    Traduction : canaliser la production AM par un collège PRO et AM, et non uniquement PRO.

    Permettez moi également de relever un point très important de votre commentaire :

    ——— L’ouverture des commentaires sur les articles, par exemple, propose pour la première fois une confrontation directe entre journalistes et lecteurs/internautes. Cette interactivité demande une exigence particulière et une remise en question permanente.———-

    POUR LA PREMIERE FOIS ???

    Avant de travailler sur le sujet, j’étais naïf et je pensais que les journalistes écrivaient des articles pour leurs lecteurs !

    Je me suis aperçu depuis qu’il n’en est rien, et qu’en fait ils écrivent pour leur rédacteur en chef ou le patron du journal.

    Lorsque vos lecteurs sont captifs du journal local par manque de concurrence, vous pouvez vous le permettre.

    Par contre, le web sonne la fin de ces monopoles. Les lecteurs vont maintenant enfin avoir le choix.

    Et l’issue est cruelle : soit vous êtes bon et vous survivez, soit vous continuez à faire plaisir au rédac chef, et alors, …

    Ceci dit, ne voyez aucune animosité de ma part envers la fonction originelle de journaliste qui est une des plus nobles qui soit. Simplement, c’est l’arrogance de certains qui fait tort aux autres.

  8. MaGa 27/05/2008 at 00:29 #

    Re,

    Oui, pour la première fois. Mais vous comprenez mal ce que je veux dire. Non pas que tel ou tel journaliste bosse pour son patron (et que la pour la première fois, il bosserait pour son lecteur – et pourtant vous avez raison ça existe -).

    Mais que l’internaute, pour peu que la modération (si besoin) de commentaires se fasse a posteriori, exerce une intervention directe sur le travail du journaliste.

    Vous couvrez un événement. Un lecteur a une précision à apporter. Ce n’est pas avec les supports classiques – tv/radio/papier – qu’il pourra le faire. Sur le web, l’info est rajoutée en suite du post. tlm y a accès.
    Ca oblige le journaliste à se positionner dessus: d’abord un W de vérification, puis un rajout éventuel dans l’article en ligne.

    Autant, tv, papier, et radio, de par leur nature, proposent des infos à des instants T, determinés par les dates de parution.
    Autant le web, qui est une approche dans la continuité, impose une actualisation des papiers.
    Et ce que je voulais dire, c’est que cette dernière peut intervenir du fait des internautes de manière directe et instantanée. C’est quand même une nouveauté.

    J’ai pas grand chose à vous répondre sur la pub. Non je ne parlais pas que des annonceurs institutionnels. Ca marche avec Ikea. Et oui, je vois la pub comme un mal nécessaire. J’ai p-e tort, p-e pas. Mais la pression de la pub et des annonceurs sur les rédactions n’est pas toujours qu’une légende.

    Après je ne vois pas ce que vous voulez dire sur la réduction des coûts papier. Au XXIe, ce n’est pas parce qu’une entreprise réduit les charges qu’elle se sent obligée de réduire les recettes. Pour ce que j’en vois, s’il y a plus de pubs, que ce soit sur le web ou sur le papier, c’est juste mieux pour le bilan. Pas pour le métier.
    Dans le cas où il n’y a pas de production, d’ailleurs, il n’y a pas d’autres recettes que la pub. D’ici à réduire la dépendance…

    Quand au financement du papier par le web. Oui, pour l’instant, c’est un rêve. A mon avis irréalisable sauf révolution profonde des mentalités et des habitudes de consommation. Là encore, je n’imagine pas les vieilles rédac se passer du papier. Ni, au passage, les français au café (facteur qu’on oublie souvent : l’habitude de consommation de l’info)

    Et oui, vous avez plus que raison, la PQR avance vers le web à reculons. Elle ne veut pas y aller parce qu’elle y voit sa perte (du contenu de qualité, gratuit et instantané ???). Tant qu’un modèle économique fiable ne sera pas dégagé, ça ne sera pas le cas. Et ça, ça passera par la pub, tlm le sait. D’ici à réduire la dépendance (bis).

    A bientôt,
    MaGa

    PS: ok avec vous aussi : certains journalistes locaux feraient bien de quitter leur royaume et d’aller faire des stages dans des zones de concurrence. Ca pourrait remettre quelques idées en place.

  9. Proxiti 02/06/2008 at 10:44 #

    Je comprends que nous avons la même vision sur la plupart des points.

    Exception peut-être sur le point de la publicité :

    En réduisant vos coûts de production, vous équilibrez plus facilement votre budget, et pouvez choisir vos annonceurs.

    Bien sûr, il y a toujours le danger de vouloir maximiser les profits, mais c’est un peu comme une voiture : on peut privilégier la sécurité et l’indépendance (monospace) ou bien la vitesse et le risque (sportive).

    En étant vraiment indépendant, vous privilégiez l’audience, et les annonceurs devront se plier à vos règles s’ils veulent bénéficier de votre image (c’est peut-être un peu idéaliste, mais c’est une stratégie gagnante).
    Exemple : Marianne.

    Et puis la pub, ce n’est pas forcement de grosses bannières « flashy ».

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  1. Avignews : petit frère de Grenews - 27/11/2008

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