J’ai vu sur FrenchWeb et Techcrunch l’annonce du lancement d’un nouvel acteur voulant faire le lien entre internet et commerce local : Brozengo. Tout est je crois dis dans ces deux billets qui sont surtout des reprises des communiqués de presse. On notera au passage qu’il n’y a pas la moindre once de critique chez Techcrunch qui fait une fois de plus dans le copinage. Je souhaite bonne chance à Brozengo mais je n’ai pas encore compris ce que ce site va réellement apporter et en quoi il faut trouver l’offre séduisante.
On peut lire que “BROZENGO souhaite devenir la vitrine des commerces physiques (les Brozannonceurs) sur Internet afin de leur donner une visibilité mesurée et conséquente auprès de l’ensemble des internautes (les Brozonautes).“ Le site annonce un annuaire de 80.000 commerces et plus de 2.000 référencées et “vise un développement très rapide d’ici fin 2008 : 30.000 offres issues de grandes enseignes réseaux de franchise ou petits commerces seront proposées aux internautes.”
Bref, Brozengo est finalement un annuaire des commerces avec la possibilité de mettre en ligne des catalogues et d’avoir des alertes. Le site propose une géolocalisation pour ne proposer que les commerces près de chez vous c’est un minimum mais pas une clé de succès. Au passage je n’ai pas la moindre offre près de chez moi, or j’habite quand même dans une ville, Clermont-Ferrand, de plus de 150.000 habitants ! Faut-il habiter Paris, Lyon ou Marseille pour avoir des offres ? Les quelques commerces que j’ai sont des membres de réseau tels Leclerc et autres réseaux de magasins et franchises. Sur ces points je laisse le bénéfice du doute à la jeunesse du site.
Ensuite je m’interroge très sérieusement sur la notion de “visibilité conséquente auprès de l’ensemble des internautes“. Ce qui intéresse une boutique x dans une ville y c’est un trafic conséquent sur sa page. Brozengo va donc devoir générer sacré trafic pour y parvenir et je ne vois pas ce que le site apporte pour de plus pour y parvenir. Il restera donc la publicité autant dans les points de vente adhérents que sur internet ainsi que le référencement (dans ce cas il faut qu’il soit très pointu pour que le site apparaisse systématiquement en tête). Mais est-ce que cela fera le poids face à de l’achat en PQR, gratuits et prospectus ou même google qui référence tous les commerces gratuitement ? J’en doute.
S’appuyer sur les sites locaux
Je ne comprends d’ailleurs pas pourquoi ces sites qui se lancent ne tentent pas de se reposer sur les différentes communautés locales. C’est valable pour Brozengo mais pour d’autres. De nombreux blogs et site locaux agrègent un peu partout de vraies audiences. Pourquoi ces plateformes ne proposent-elles pas à ces sites leurs services en marque blanche ou par le biais d’API ? Ce serait un moyen de profiter du trafic des sites locaux qui seraient en plus heureux d’avoir de nouveaux services qu’ils n’ont pas le temps ou les moyens de monter intégralement. Remplir une base est bien plus simple que monter un annuaire complet des commerces. Avec un petit partage des revenus générés ce serait même un moyen de monétiser un peu les audiences.
Au contraire, j’ai actuellement le sentiment que beaucoup d’initiatives locales consistent finalement à construire des plateformes, les remplir avec des fichiers d’adresses achetés (on m’a parlé d’un site qui a du racheté cette année plusieurs dizaines de milliers d’adresses car leur achat de l’an passé d’une autre base de commerces était peu pertinent) ou chaines et réseaux de magasins. Cela revient à faire un des Pages Jaunes avec quelques services ajoutés mais sans leur trafic et surtout en leur achetant leur base.
Vous allez sûrement me trouver sévère avec Brozengo mais j’ai quand même l’impression que l’on prend souvent le local à l’envers ou plutôt que le local est considéré systématiquement d’un point de vue national et comme un étant un marché comme un autre. Or dans le local, nous n’avons pas l’abondance du web. Si un annuaire comme Yahoo ne référençait que 1% du web mondial ça lui faisait quand même des dizaines de milliers de sites à afficher et l’internaute trouvait ce qu’il cherchait. Si un site local ne référence que 1% des commerces locaux il ne sert à rien… Là où le national peut se permettre d’attendre que les plus “doués” viennent s’inscrire, un service local doit aller chercher les “moins doués” : ceux qui n’ont pas la culture internet et/ou qui ne passent pas leur temps à surfer. Parlez-en à votre coiffeur ou votre boucher pour vous en convaincre.
Le problème c’est que cela demande des moyens humains et donc financier et que les services capables de le faire ne sont peut être pas des startups. A moins qu’elles s’appuient sur des internautes qui auront une bonne raison de les aider…
Tout à fait Bertrand. Sans compter que personne ne sait encore s’il y a un vrai marché du local en ligne. Des niches, certainement, mais un vrai marché ?
@Hubert
Dans la répartition des dépenses publicitaires en 2001,70% étaient purement locales.
Actuellement, le net ne représente “que” 12% des investissements publicitaires, mais c’est le média le plus consulté et aussi le plus influent (étude sortie cette semaine).
Les annonceurs suivent toujours leurs clients. Les budgets migrent vers le web.
Même les plus petits vont y venir.
Le marché existe donc vraiment, et c’est la plus grosse part du gateau diront les publicitaires.
Yahoo Local et Google Maps n’existent que pour celà : conquérir la pub locale sur internet.
Article juste. Des initiatives comme brozengo, il y en a partout dans le monde et c’est toujours deceptif: pourquoi? Justement parce que ce n’est qu’un catalogue et qu’il n’y a pas d’exhaustivité. Meme à Paris, je n’ai pas trouvé de vetements sur Brozengo…
A mon sens l’idéa,l, c’est d’avoir un site ecommerce géant avec les produits des ecommercants locaux… mais c’est dantesque en terme d’infrastructure pour des commercants qui ont souvent des centaines de produits qui tournent tous les trois mois…. en plus ces produits ne sont pas forcément dans des catalogues digitaux donc, on ne peut pas avoir une approche à la kelkoo….
Je crois qu’il y a un site pas mal fait à Poitiers et à Paris, il y a magasins à paris.com.
Personne n’a trouvé la meilleure formule, mais nul doute qu’au final celui qui fera vraiment de l’argent sera… google!
@Olivier de Proxiti. Certes Olivier, Mais rien ne dit qu’il va se transformer sur le local, ni comment, ni quand. Bien sûr qu’il va finir par migrer, mais à quelle échéance ?
Bien sûr qu’il va migrer, mais comment ? et surtout comment il va aller chercher de l’internaute local ? Va-t-on voir, comme avec l’effet télé, le développement de pub à visée locale sur supports nationaux (avec élévation des couts d’entrées ?) ?
Oui, YahooLocal et GoogleMaps n’existent que pour cela, mais ils sont sensés avoir une force que tous les autres services n’ont pas : ils crawlent le web.