Je viens de recevoir par mail, en attendant qu’elle arrive par la Poste en recommandé, une lettre de mise en demeure des avocats de la société gérant le site Notreinfo.fr (non non pas de lien pas la peine de faire de la pub).
Comme je le fais systématiquement dans pareil cas, je commence par informer tout le monde que j’ai reçu la lettre. Certains pensent qu’en général ce genre de courriers nous fait peur, nous fait fermer notre gueule… moi je préfère aussi vous le dire.
Notreinfo.fr se plaint d’un billet en particulier : Notreinfo.fr déjà mort ? Un billet dans lequel je m’étonnais que Notreinfo n’affiche plus qu’un site logo et plus de site d’information locale comme avant. D’après les avocats je prétends à tord que le site ne présente plus aucune activité. « Une telle affirmation est dénuée de tout fondement puisque, comme vous pourrez le constater en vous rendant sur son site, notre cliente poursuit bien ses activités. » L’article ne serait pas daté du 6 octobre 2007 j’aurai souri…
La lettre met ensuite en cause les commentaires « qui nuisent très sérieusement à l’image de NOTREINFO. » La lettre pointe aussi une demande de la société en janvier dernier :
Notre cliente vous a ainsi déjà demandé, en janvier 2008, de supprimer cet article, ce à quoi vous aviez déjà procédé avant de le remettre en ligne ces derniers jours, ce qui n’est pas acceptable.
Effectivement Guirec Maréchal, PDG de Notreinfo m’avait demandé de retirer ce contenu jugé par lui diffamatoire. Lui demandant en quoi il était diffamatoire j’avais eu droit à cette réponse que je vous laisse apprécier :
Diffamatoire veut dire « mensongé avec la volonté d’atteindre l’intégrité d’une personne » ou d’une structure !
Les propos tenus concernant le personnel, le développement et les ambitions du fondateur sont diffamatoires.
Je ne suis donc pas tenu d’en justifier la raison. Le droit vous oblige par ailleurs à supprimer les contenus diffamatoires, à première demande. En qualité d’éditeur, vous engagez votre responsabilité quand au contenu présent sur votre site.
Je vous demande donc une dernière fois de bien vouloir retirer les remarques de Solange Peyssard de votre site.
Par mesure de protection je supprime le temps d’évaluer et là j’ai remis car franchement je ne voyais pas le soucis. La notion de diffamatoire est d’ailleurs très floue…
Voici toutefois le passage préféré de la lettre :
En outre, cet article a suscité des commentaires particulièrement préjudiciables à NOTREINFO de la part des internautes, qu’il s’agisse par exemple de « Solange », qui profère de graves contre-vérités à propos des personnes employées en tant que stagiaires au sein de la société de notre cliente, ou encore d’un internaute resté anonyme, qui laisse entendre que notre cliente ferait un mauvais usage de « l’argent public » alors que son activité est financée exclusivement par des fonds privés.
Effectivement, un internaute a bien posté un commentaire : « Dire qu’ils ont obtenu l’aide d’Oséo. Mais où va donc l’argent public ? » Un commentaire fondé puisqu’il suffit d’aller sur la page Qui sommes nous de notreinfo (là je mets un lien car c’est utile) pour constater tout simplement que eux même disent qu’ils sont soutenus par Oséo.
Le commentaire dit donc vrai concernant Oséo et assez vrai aussi concernant l’argent public puisqu’Oséo est un établissement public d’Etat (sous tutelle du ministère de l’économie, des finances et de l’emploi, et du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche) et qu’il est aussi en convention avec les conseils régionaux. Les fonds du financement viennent ainsi de l’Etat, Caisses des Dépôts et des collectivités locales. Peut-on dire que ce ne soit pas de l’argent public ?
Conclusion
Je vais toutefois arrêter de parler de Notreinfo.fr. Contrairement aux avocats de la société qui précise que « ma décision de remettre en ligne cet article et ces commentaires témoigne de manière évidente de votre volonté de porter atteinte à NOTREINFO » je n’ai rien de spécial à reprocher à ce site.
D’ailleurs la première fois que j’en ai parlé j’avais pris quelques heures pour envoyer des questions pour publier une interview de Guirec Maréchal afin qu’il nous présente son concept et son site. Assez curieusement les avocats n’ont pas demandé de supprimer cet article là…. mais dans un vrai soucis de ne pas nuire à notreinfo.fr je le supprimerai aussi et je m’interdis désormais de parler de ce site !

L’intimidation est décidément la grande mode ! Tu as raison de ne pas te laisser faire Bertrand.
Il est d’ailleurs d’autant plus étrange que G. Maréchal a travaillé un certain temps pour le compte d’Oséo/Anvar à un poste stratégique.
Sans remettre en cause son intégrité ni l’objet de son entreprise, il semble que cela aide largement à obtenir des financements publics.
D’ailleurs votre article n’avait rien d’agressif envers son site et je n’y ai vu aucune volonté de lui porter atteinte.
Par contre, la méthode employée (tentative d’intimidation excessivement formelle par avocats interposée) me semble digne de procédés maffieux (dans le sens : « tais toi ou je t’en mets une »).
Lorsque l’on refuse la transparence, c’est que l’on a des choses à cacher. Mais lorsque cela ce sait, alors cela incite à creuser plus loin et découvrir d’autres choses quelquefois moins glorieuses.
Si j’ai un conseil à donner à M. Marechal, c’est de laisser courir et de ne plus vous importuner pour si peu.
Il ne voudrait pas devenir un nouvel olivier martinez.
D’ailleurs, qui lit weblocal ? Peu de monde sans doute.
Sidérant !
Je ne comprends pas, j’ai écrit dans mon commentaire que son concept était génial. (pour les stagiaires payés aux lance-pierre, par les temps qui courent cela montre qu’il est économe.
Il aurait pu utiliser un droit de réponse pour expliquer son nouveau concept.
Etrange conception du web participatif.
J’avais lu avec intérêt tes articles concernant ce site (que je ne citerai pas pour ne pas ajouter du buz et donc du référencement gratuit pour lui).
Les méthodes employées pour te faire taire me semblent aussi se rapprocher des méthodes fascistes qu’il utilise abondamment dans sa propre entreprise !
Il faudrait donc ne parler sur internet que des sites que l’on aime (pub éditoriale) en s’auto-censurant sur les autres (au risque d’une poursuite pour diffamation) ?
Depuis quand les acteurs, objets d’articles, dictent-ils leur loi quant au contenu des articles ?
Où est la liberté d’expression et d’opinion ?
Les menaces des avocats ne sont-elle pas une entrave à celles-ci, condamnables elles aussi ?
J’avais depuis rassemblé plusieurs éléments concernant les activités et le concept de ce site que je comptais mettre en ligne. Résultat : je n’en parlerai pas.
Et qu’il retombe, définitivement je l’espère, dans l’oubli général puisqu’il n’a visiblement rien compris au web 2.0.
La Cause du Peuple
on se croirait au collège
Surtout ne dis pas de mal de ton voisin !! Et bien censurons en évitant de clicker.
Tout mon websoutien
En fait c’est la qu’intervient la limite entre blogueurs/web et presse au sens noble du terme.
Il y a des règles communes sur le web mais si le support avait été un site de presse (mag, journal, etc.), il n’y aurait JAMAIS eu la moindre intimidation.
Par conséquent, attends encore et si tu as le moindre soucis, on fera en sorte de donner toute la lisibilité à cette affaire. Les éléments donnés par Olivier le 11 décembre 2008 sont très intéressants…
@Nicolas G.
« Il y a des règles communes sur le web mais si le support avait été un site de presse (mag, journal, etc.), il n’y aurait JAMAIS eu la moindre intimidation. »
J’ai peur de devoir détromper Nicolas G… Bien sûr que si ! Le même type d’intimidations pour les mêmes raisons. Mêmes causes mêmes effets, y compris (et même peut-être surtout…) dans la presse traditionnelle. Et cela ne s’est pas « arrangé » ces dernières années. Pourquoi crois-tu que la France se traîne à des niveaux lamentables (derrière certains pays d’Afrique, si mes souvenirs sont bons…) au classement « liberté de la presse » que publie régulièrement RSF? Malheureusement pour la presse, elle est loin d’être épargnée. Le « JAMAIS » est vraiment de trop, je peux te l’assurer… Nous avons frôlé le procès pour l’emploi sans la petite marque copyright du terme « bateau-mouche » (marque déposée), alors que j’étais rédac chef d’un hebdo rural. Idem pour « structures Algeco » (on doit dire structures modulables, je crois) et tant d’autres emmerd… bref.
Je te rassure donc : les procéduriers les plus cons traitent de la même manière la presse et les internautes-bloggers !
Bonjour Christophe
Ma vision n’était peut-être pas exprimée avec la plus grande clarté. La dernière phrase de ton commentaire est tout à fait juste et je la suis totalement. Nico