Ann Arbor est une agglomération de taille moyenne aux Etats-Unis. Comme le raconte LeTemps.ch, depuis cet été elle doit apprendre à vivre sans son quotidien papier. L’Ann Arbor News a (été) coulé et a été remplacé par un site local. C’est le pari tenté par son propriétaire Advance Publications, un groupe qui possède ne vingtaine de titres de presse aux Etats-Unis. En dix ans, le journal avait perdu la moitié de ses pages de pub mais Advance Publications entend aussi vérifier si un journal qui n’existe plus que dans sa version numérique peut être un jour rentable.
Le journal s’est donc délesté des coûts inhérents au papier, à l’impression et à la distribution d’un journal. Mais il s’est aussi séparé d’une grande partie de sa rédaction. Le site emploie 60 journalistes, soit 5 fois moins que l’ancienne rédaction. En même temps il a lancé le site AnnArbor.com, un site au look minimaliste qui se concentre uniquement sur la vie locale qui donne autant d’importance à l’ouverture d’un restaurant qu’à une décision de la municipalité. AnnArbor.com a toutefois gardé une version sur papier le jeudi et le dimanche.
Bien entendu l’initiative sera regardée de prêt aux Etats-Unis et ailleurs. De nombreux journaux sont endettés et pourraient connaître le même avenir. Une ville comme Philadelphie pourrait perdre ses deux journaux aussi et la liste dressée par l’article est longue. L’article rappelle d’ailleurs les problèmes auquels ils doivent faire face :
Lourd endettement après des années d’expansion parfois téméraire, baisse régulière d’annonces publicitaires qui migrent vers des agrégateurs de contenus comme Craiglist.com, concurrence des sites d’informations gratuits sur le web et enfin le coup d’assommoir de la crise économique.
Une chose est certaine, les journaux ne pourront pas perdre de l’argent indéfiniment et doivent trouver comment aborder le virage. Supprimer la version papier est-elle la solution ? L’expérience AnnArbor.com répondra peut-être en partie. Mais elle arrive en même temps que la fermeture de publications locales web lancées par d’autres médias. Autrement dit, tout le monde cherche un peu son chemin…
Note complémentaire : j’ai un peu l’impression que tous ces groupes de presse réfléchissent trop à l’ancienne et avec trop de charges dès le départ. Et si la première chose à faire était de monter une startup totalement indépendante qui fasse avec les moyens du bord ?
Il est évident que les plus belles réussites des médias des prochaines années seront issues de startups de l’information.
C’est ce que nous faisons avec le Réseau ProXiti.
Et c’est d’ailleurs logique : les avantages de la startup sont énormes : nouveauté, frais de structure réduits, indépendance totale vis à vis des pouvoirs en place, pas besoin de traîner le boulet que représente le papier, ni les “affaires” de compromission de quasiment tous les titres de presse (y compris le canard, même si c’est le plus indépendant sur ce point).
Par contre, le challenge consiste à rassembler les ressources nécessaires au développement de telles startups. Et les moyens du bord ont du mal à faire le poids face aux millions d’euros injectés par l’état et les collectivités locales pour soutenir une économie de la presse papier complice et corvéable, vouée à l’écroulement d’ici moins de 2 ans, comme cela se passe actuellement aux USA.
Et en ce moment, la chaine du financement des startups est au plus bas. Et pourtant chez ProXiti, nous cherchons activement ce financement.