Désormais il faudra une autorisation ministérielle pour diffuser une vidéo en ligne en Italie. C’est ce que nous explique un billet de Fabrice Epelboin sur ReadWriteWeb. Ainsi une loi qui va entrer en vigueur à la fin du mois demande que la diffusion et la distribution sur internet d’images animées, accompagnées ou non de son nécessitera désormais une autorisation ministérielle. On impose ainsi à n’importe quel site et internaute les mêmes contraintes qu’à la RAI.
Une telle loi signifie tout simplement la fin légale des Web TV qui n’auront pas les moyens de faire face aux formalités administratives. Ce n’est pas la première fois que le gouvernement italien a ce genre d’idées puisqu’il avait déjà essayé d’imposer aux blogueurs les mêmes obligations et responsabilités que les journaux.
Les conséquences d’une telle loi loi sont multiples :
- une sérieuse restriction à la liberté d’expression et donc à la démocratie,
- la mort probable de la majorité de Web TV indépendantes avant qu’elles aient le temps de grossir et gêner les grands médias,
- la création d’une forte barrière à l’entrée avec une multitude de barrages administratifs,
- les Web TV locales, qui ont encore moins de moyen que les autres, auraient aussi toutes les chances de disparaître.
Bien entendu on se dit que ce n’est qu’une nouvelle manoeuvre du gouvernement Berlusconi et que nous sommes assez protégés en France. On le serrait si on n’avait pas en tête le cas des radios libres qui furent pourchassées pendant des années. On le serait aussi si finalement nous n’avions pas dans notre dirigeants des personnes qui pensent qu’il faut contrôler internet bien plus et que la labellisation ou le CSA sont des solutions.
Imaginons aussi qu’un jour le gouvernement décide que seules les entreprises ayant le statut d’éditeur de presse en ligne aient le droit de diffuser de l’information en vidéo. Alors, beaucoup de sites, et le mien le premier, passeraient à la trappe. Le statut prévoit en effet que l’éditeur soit produit par au moins un journaliste professionnel s’il s’agit d’information politique et générale. Dans son billet Fabrice Epelboin a inclus quelque vidéos qui précisent la menace.
Pour en revenir aux radios libres je vais finir sur une anecdote. Lorsque j’ai créé Cyberbougnat, j’avais rencontré le propriétaire d’une radio en train de perdre sa licence d’émettre, son autorisation ministérielle en quelque sorte. Il m’avait alors dit : “avant pour faire de la radio il fallait du matériel, maintenant il faut surtout un avocat.” J’ai toujours cette phrase en tête en n’espérant ne jamais avoir à la sortir pour le web.
Cette note étant un peu trop pessimiste finissons sur une note d’espoir : les politiques n’ont toujours pas compris que la structure même d’internet avait été construite pour contourner les règles et les points de blocage. Une telle loi est-elle alors finalement applicable dans un monde décentralisé ? J’en doute sérieusement, mais il faut se préparer à défendre cette liberté que nous donne le web…
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