by Bertrand Soulier on 24/02/2010
Dans le même esprit que Foursquare dont j’ai parlé récemment, OpenPlayce, qui vient de changer de nom et s’appelle maintenant Plyce, est un réseau social basé sur la géolocalisation mobile. Bien que le site soit en anglais, la société est bien à Paris. Comme pour Foursquare, le principe est de signaler à nos amis où nous sommes. La dimension jeu existe aussi avec des points et des médailles mais me semble moins centrale que dans le site américain.
Pour l’instant, il ne concerne que les utilisateurs d’iPhone, mais le réseau se tourne aussi vers Android et une version web et web mobile. La version iPhone que j’utilise maintenant depuis quelques temps est très réussie et accompagne bien la prise en main. Comme Foursquare, Plyce construit petit à petit un gros cityguide européen puis mondial.
Jean-Michel Billaut a interrogé son créateur Martin Destagnol. Il explique mieux les tenants et aboutissants de ce réseau social ainsi que le modèle économique imaginé. Sans surprise, il vise notamment les commerces locaux à qui l’application peut donner de la visibilité et apporter des contacts qualifiés. Il parle aussi publicité ciblée et partenariats avec les marques.
http://www.vimeo.com/9489777
J’ajouterai pour ma part que ces applications pourraient quelque part devenir le support de la carte de fidélité d’un nouveau genre. Elle lui donnerait en plus une nouvelle dimension sociale et virale en permettant non seulement de récompenser ceux qui viennent et consomment régulièrement mais aussi ceux qui vous recommandent.
On a pas fini d’entendre parler de ces réseaux et de leurs applications. Chacun tente de se faire une place et on attend de voir comment Twitter, Google et Facebook vont rentrer sur ce marché. Reste à savoir si cette pratique de se géolocaliser régulièrement peut réellement devenir grand public…
by Bertrand Soulier on 10/12/2009
J’avais repéré Foursquare il y a quelques temps mais n’y avait pas trouvé une grande utilité. Cependant j’ai depuis quelques jours une accélération du nombre de demandes d’amis car le site semble faire l’objet d’un certain buzz. Certains n’hésitent pas à le présenter comme le nouveau Twitter.
Plus qu’un jeu, un city-guide
Foursquare propose un concept 50% réseau social, 30% cityguide social et 20% jeu. Il se base sur la géolocalisation et s’utilise principalement via son téléphone. Le site dispose d’applis pour iPhone et Android ainsi qu’un site mobile en attendant l’application Blackberry. L’idée est de signaler où vous êtes et voir où sont vous amis.
Lorsque l’on s’inscrit on choisit sa ville. Pour l’instant le site ne couvre que quelques villes et seulement Paris pour la France. L’aspect réseau social est classique, vous avez des amis, vous pouvez retrouver vos amis.

Vous pouvez ainsi leur montrer où vous êtes et voir où ils sont. Pour cela il faut faire des « check-in » quand vous arrivez dans un lieu. Soit le lieu existe et vous le choisissez dans la liste, soit le lieu n’existe pas et vous pouvez l’ajouter.
Vous pouvez ainsi marquer de nombreux lieux : bars, restaurants, lieux publics, parcs… Cela donne la partie cityguide social puisque vous pouvez ainsi découvrir quels sont les lieux que fréquentent vos amis et donc découvrir de nouveaux lieux qui pourraient vous plaire.
Vous pouvez aussi envoyer un message depuis le lieu, faire des “to-do” et indiquer ce que vous faîtes. Le message peut être envoyé dans Foursquare mais aussi dans Facebook et Twitter. Les todo peuvent être sérieux et classiques mais aussi plus décalés : “regarder la statue depuis tel endroit”, “aller voir le graph dans les toilettes”… On pourrait presqu’en faire un guide touristique. En tout cas Foursquare va rapidement constituer un cityguide énorme via ses utilisateurs.
Intervient alors la partie jeu. Vos « check-in » et actions vous permettent de gagner des points : 2 points pour un « check-in », 5 points pour la découverte d’un nouveau lieu, 2 points pour plusieurs « check-in » dans la même soirée, 1 point si vous y amener un ami…
Et les plus assidus des lieux peuvent même gagner le titre honorifique de “maire”. Point marrant, des lieux offrent des récompenses à leur maire dans Foursquare et peuvent l’indiquer dans l’application.
Nouveau Twitter ou simple buzz ?
Voilà donc pour la mécanique. Foursquare a pour l’instant pas trop mal géré les choses et notamment sa diffusion virale. Un buzz bien orchestré commence à prendre mais est-ce que cela va durer longtemps ? Le principe du jeu est amusant mais difficile de dire si le site va sortir du cadre des early-adopters.
Il nous rappelle un peu le cas Brightkite et Aka-aki qui ont fait parlé d’eux quelques temps avant de retomber dans l’oubli. La comparaison avec Twitter est d’ailleurs intéressante car une étude montre que si 60 % des internautes français affirment connaître Twitter à peine 10 % des internautes qui connaissent Twitter l’utilisent. Malgré le buzz dont il a bénéficié, seulement 4% connaissent FriendFeed. Il y a donc du boulot pour arriver à s’imposer.
Deux choses à retenir toutefois : La géolocalisation est désormais intégrée dans tous les projets et le côté ludique est une voie que beaucoup d’autres vont suivre.
by Bertrand Soulier on 18/08/2009
Lu sur Inside Facebook que selon Borell Associates, entreprise de recherche sur la publicité, la grande majorité des 500 millions de dollars du revenu total de Facebook prévu pour cette année vient en fait d’annonceurs locaux. Ainsi Borrell Associates affirme que sur les 310 millions de dollars de revenus publicitaires de 2009, presque 230 millions, soit 74%, viennent de business locaux qui ciblent les utilisateurs Facebook par leur localisation.
Selon Borell, Facebook et MySpace sont les deux seuls sites générant plus de 100 millions de dollars de revenus via la pub locale. Mais Facebook est très en avance dans ce domaine car les annonceurs locaux ne représenteraient que 27% des revenus publicitaire de MySpace. Borell estime aussi que 20% de toutes les publicités faites sur les réseaux sociaux seront locales cette année.
Dans le cadre d’un service local, l’utilisation des réseaux sociaux est très pertinente et pas seulement pour la pub. D’ailleurs, la publicité sur Facebook a des résultats mitigés suivant les cas. Certains en sont très contents quand d’autres sont déçus, sans pour autant que ça leur ai forcément coûté fortune. Le ciblage est très intéressant. Bien configuré et couplé à une offre intéressante il peut être fructueux pour la marque ou le commerce.
Pour Martial Bouilliol les réseaux sociaux “sont les outils de l’esprit commerçant. Ils le sont car ils sont le relais de la pensée du commerçant vers ses clients dans une logique à la fois de proximité et d’interactivité. Tout simplement parce que ce sont les seuls outils qui placent réellement le consommateur au centre des préoccupations de l’entrreprise.“
Opportunités
Il y a donc une opportunité et elle est multiple. Si pour le commerçant, Facebook est intéressant, encore faut-il qu’il le sache. J’ai expliqué récemment à mon coiffeur comment il pourrait essayer de créer une page Facebook, d’inviter ses clients à aller dessus pour devenir fan et la promouvoir. Ce serait aussi pour lui un nouveau vecteur de communication peu coûteux et plus rentable que le site internet qu’il a fait développé il y a deux ans. Une découverte pour lui qui utilise internet pour du loisir principalement. Il y a là opportunité de business pour des acteurs locaux connaisseurs des réseaux sociaux
L’autre remarque que je ferai est que Facebook s’en sort grâce à son ciblage très fin. Mais il y a d’autres réseaux sociaux qui se prêtent à la pub locale : les nôtres. Nos blogs, sites, forums ou même réseaux sociaux locaux sont des opportunités. Nous n’avons pas le même volume de visiteurs que Facebook mais nous sommes en affinité avec nos territoires et drainons une audience locale curieuse de nature.
Par contre je n’ai pas l’impression qu’une majorité de la pub que je peux voir dans Facebook soit locale. Je pense donc que l’étude se base sur des chiffres américains, avec des usages un peu plus avancés et peuvent donc être annonciateurs d’un certain développement…
by Bertrand Soulier on 07/08/2009
Après un peu plus d’an de vie, le site Brozengo vient de fermer ses portes. Le site se présentait comme le premier moteur de recherche géolocalisé :
“un moteur de recherche local de bonnes affaires et de magasins. Le site, non transactionnel, se présentait comme une interface de mise en relation entre les internautes et les commerces physiques, un lieu de rencontre entre l’offre et la demande de bonnes affaires dans une dimension exclusivement locale. Le système de géolocalisation, unique en son genre, permettait de situer l’internaute directement dans sa ville.”
Un blog (ConsoMalin.com), un services de couponing web to shop et un accord avec Shopping.com avait aussi été mis en place en 2009. Brozengo a laissé une vitrine qui retrace l’aventure. Les fondateurs expliquent que le site a été stoppé “face aux difficultés rencontrées pour lever des fonds et pérenniser l’activité.” Le site annonce avoir référencé 175 000 commerces et avait une fréquentation tournant autour de 300.000 visiteurs uniques par mois.
Je ne me réjouis pas de cette fermeture mais je l’avais malheureusement un peu sentie venir dès l’annonce du lancement du site. Le site n’était pour moi qu’un annuaire de commerces comme un autre dans quelques villes et aurait du mal à atteindre ses objectifs de visibilité conséquente. Les 300.000 visiteurs uniques par mois à l’échelle d’un pays ne constituent pas un trafic conséquent pour moi. Vous retrouverez tous mes doutes dans l’article de l’époque.
Cette fermeture démontre encore une fois qu’il n’est pas simple d’attaquer le local et que le lien internet-commerces physiques n’est pas si facile à créer. La démarche de Brozengo d’attaquer tout le territoire d’un coup semblait encore plus complexe. Comme je le disais, j’attaquerai personnellement le marché dans l’autre sens, en partant du local, et peut être en donnant des outils aux “localiers du web” pour avancer vers la monétisation de leur audience.
Je souhaite en tout cas bonne chance aux fondateurs et aux éventuels salariés de Brozengo pour leurs nouvelles aventures.