Un peu partout dans la monde, on recherche la bonne formule en matière de couverture locale de l’information. Avec la montée en puissance des blogs et plus globalement de la participation de l’internaute à la production d’informations, la piste la plus souvent étudiée est de permettre à chacun de participer aux médias. Chacun de nous peut être témoin d’un événement et de fait, pratiquement tout le monde a sur soi un appareil capable de prendre de la photo ou de la vidéo.
Mais une couverture régulière demande un peu plus que ces simples recueils de témoignages dont les médias on en fait une grande habitude. Si vous souhaiter ouvrir une rubrique sur un quartier vous devez disposer dans le quartier de contributeurs fiables et réguliers. Ce n’est pas nouveau, la force de la PQR repose sur son réseau de pigistes et un journal comme l ‘Auvergne de Paris disposait d’un contributeur dans chaque commune du Massif Central pour relayer nouvelles, naissances et morts.
Le média internet ne change pas la donne, seulement facilite-t-il la publication. Mais l’information reste à trouver et la presse sait qu’elle n’y arrivera pas toute seule. Dans ce contexte le journal The Oakland Press a décidé d’ouvrir ses colonnes aux journalistes citoyens et de leur offrir des formations pour apprendre à produire du contenu rapidement et de bonne qualité. Le journal explique sa démarche assez longuement et précise que participer au journal fera une bonne expérience pour ceux qui veulent faire du journalisme et de la communication et que certains pourront devenir pigistes. Une bonne motivation pour certains et un bon moyen de repérer de bonnes plumes, n’est-ce pas là la meilleure période d’essai ?
Le journal a ciblé ses “besoins” : information locale, sport, vidéo. Pas de surprise. L’info ultra-locale est difficile à dénicher. Le sport très local est un domaine très vaste mais aussi très porteur y compris au niveau des équipes scolaires. Quant à la vidéo, c’est un passage obligé mais pas le métier d’un journal papier. Mettre en place une équipe vidéo a un coût et faire produire des témoignages par l’internaute complètera bien les rubriques.
Il sera intéressant de suivre l’expérience. De telles démarches sont sûrement indispensables et répondent sûrement à un problème de granularité dans le traitement de l’information. Traiter de l’international, du national est simple et peut se faire par le biais de dépêches. Les grands sujets locaux et les dossiers peuvent être traités par les équipes pros. L’hyper-local serait alors traité par ou avec l’appui des habitants. Qui mieux que des parents peuvent relayer les résultats de l’équipe des gamins de la ville ou du quartier ? Le tout est par contre d’avoir assez de contributeurs. La granularité peut aussi jouer dans le cas de sujets très techniques. Je constate par exemple au très souvent que dans le domaine des transports les lecteurs de Cyberbougnat avancent des arguments très précis et très étudiés.
Pour moi, The Oakland Press a peut être un bout de la bonne formule mais à condition de bien gérer son équipe. Il faut encadrer la pratique, la crédibiliser via la qualité des infos apportés mais aussi valoriser le travail des journalistes citoyens et sûrement gérer quelques égos parmi les pros.
Dernière remarque, mais l’utilisation de ce terme journalisme citoyen par le journal a quand même pour moi un petit goût marketing mais aussi un peu “has been”. Ne pourrait-on pas utiliser un autre mot tel journalisme participatif ou contributif ?
{ 0 comments }